Les hauts et les bas de ma Traversée de la Gaspésie

Traversé de la Gaspésie

David Nathan

Quand on m'a proposé d'aller couvrir la Traversée de la Gaspésie à bottines, la « TDLG » pour les intimes et les initiés, je dois l'avouer, j'ai un peu hésité. Non pas que je doutais de la beauté des paysages que cette partie du Québec avait à offrir, mais plutôt de ma capacité à avaler en 6 jours une centaine de kilomètres comprenant l'ascension des plus hautes montagnes de la région.

Si je fais régulièrement du sport, je ne suis pas un grand marcheur et les seules « randonnées » auxquelles je me livre régulièrement sont celles qui me conduisent à l'épicerie ou à la station de métro la plus proche, pas la meilleure formation imaginable...
 

 

Une photo publiée par David Nathan (@davidnathan) le


Mais cette réticence est bien vite tombée quand je suis tombé sur cette vidéo​ de la première édition de la TDLG:
 

En moins de 5 minutes, j'étais convaincu, les paysages et l'ambiance ont dissipé tous mes doutes. Je me suis donc équipé pour l'aventure qui allait se tenir du 24 septembre au 1er octobre 2016 et me suis entrainé à marcher pendant les 3 semaines précédent l'événement, profitant de la proximité du Mont-Royal pour habituer mes mollets de citadins à un léger dénivelé.

Le premier jour fut consacré au transport. La Gaspésie est un terrain de jeu qui se mérite et qui impose aux Montréalais une bonne dizaine d'heures de char. C'est donc par un beau dimanche matin d'automne, que les premiers mètres de marche furent avalés. Au cours de la semaine, nous allions découvrir le Parc national Forillon, le Parc national de la Gaspésie et la région de Petite et Grande-Vallée.

L'édition 2016 a commencé par une plongée dans le parc Forillon. À 45 minutes de Gaspé, le parc offre un cadre magnifique pour une première randonnée, en bordure du golfe Saint-Laurent. Le bruit des vagues qui frappent les rochers nous accompagnent jusqu'au bout, au phare de Cap Gaspé. La vue incroyable sur la forêt et les phoques qui jouent dans l'eau nous fait oublier les premières courbatures. Le plus dur est fait, la première randonnée est terminée et mes mollets ont survécu.

Parc Forillon

Parc Forillon / Crédit photo: David Nathan

Le parc de la Gaspésie a été notre 2e terrain de jeu. Ça commence fort, avec l'ascension d'une partie du Mont Jacques-Cartier, alors que la température au sommet frôle le -10°C. Pour y accéder il faut gravir une pente rocailleuse pendant une petite heure. Pendant le dernier tiers de la rando, la température descend de façon drastique.

En quelques minutes on perd une bonne dizaine de degrés. Il faut alors sortir les tuques et les mitaines pour pas que le vent nous glace. Encore 25 minutes de marche dans un brouillard neigeux et nous voilà enfin arrivés au refuge. On a goûté l'hiver en plein automne.

 

Une photo publiée par David Nathan (@davidnathan) le


Les randonneurs se séparent alors en 2 groupes : ceux qui continuent vers le Mont-Xalibu, et ceux qui vont faire demi-tour. Prenant en considération les consignes de notre guide qui prévoit une marche difficile, glissante et technique, je joue de prudence et me joins au groupe qui finira la marche en revenant sur ses pas.

La brume qui nous cachait la vue quelques instants plus tôt a disparu, laissant apparaître un paysage absolument incroyable de roche et de neige, on se croirait sur une autre planète. En progressant, on guette les caribous, mais on n'aura malheureusement pas la chance d'en apercevoir.

Traversé de la Gaspésie

Mont Jaques-Cartier / Crédit photo: David Nathan

Les jours suivants, c'est le Mont-Richardson (1 280 mètres) et le Mont-Albert (1 154 mètres) qui sont au programme des réjouissances. Ces 2 ascensions sont assez demandantes, mais dans les 2 cas, on est « récompensé » par les nombreux paysages qui s'offrent à nos regards émerveillés. La palme revient au Mont-Albert de mon point de vue. En une seule randonnée, on change en effet complètement de décors, passant d'une ambiance sous-bois à un secteur de grosses roches rouges puis à des étendus de marécages immenses au sommet pour finir par une descente en pleine forêt. Impossible de ne pas décrocher et succomber à la beauté du cette rando.

 

Une photo publiée par David Nathan (@davidnathan) le


La vue depuis le belvédère du Mont-Richardson sur le Lac aux Américains est un autre temps fort de la randonnée.
Vue Lac aux Américains

Vue sur le Lac aux Américains / Crédit photo: David Nathan

Les 2 derniers jours de marche se feront dans la région de Petite-Vallée et de Grande-Vallée. Si les paysages sont moins impressionnants que ceux du Parc de la Gaspésie, on apprécie néanmoins la proximité de la mer, la marche sur les galets et la beauté des forêts dont les couleurs en cette période de l'année commencent à être magnifiques.

 

Une photo publiée par David Nathan (@davidnathan) le


Finalement, j'ai réussi à faire toutes les randonnées, et à avaler la centaine de kilomètres de cette 3e édition. Je ne peux que recommander chaudement de participer un jour à cet événement qui est bien plus qu'une succession de randonnées. En effet, la TDLG, c'est avant tout une aventure humaine qui réunit plus de 120 marcheurs qu'on côtoie évidemment sur les chemins, mais aussi au cours des différentes activités culturelles, gastronomiques et récréatives proposées le soir (dégustations de produits du terroir, concerts, lecture de poésie, quiz en équipes).

Les amitiés se tissent très vite et les nombreux participants qui sont venus seuls se trouvent très rapidement des compagnons d'ampoules avec qui discuter en marchant ou bien avec qui trinquer après l'effort le soir.

L'accordéon de Sylvie Gallant en début et fin de randonnée contribue fortement à la bonne humeur du groupe.

 

Une photo publiée par David Nathan (@davidnathan) le


La TDLG est un rendez-vous sportif qui s'adresse à tout le monde. Cela dit, si vous voulez faire la totalité de cette randonnée en 6 étapes, vous devrez être minimalement en forme. Les plus longues sorties peuvent en effet, selon votre rythme de marche, durer plus de 5h (de 12km à 24 km). Certains passages sont très techniques et exigent de gravir ou de descendre de grosses roches. Les organisateurs recommandent d'ailleurs aux futurs participants de s'entrainer « A priori, il y a seulement un entraînement spécifique à faire : inclure la marche dans la majorité de son quotidien, dit Jean St-Denis, enseignant en éducation physique. Comme repère très simple, je vous suggère de marcher la longueur du parcours (100 km) dans le mois précédent la traversée ».

 

Une photo publiée par David Nathan (@davidnathan) le


Cela dit, la plupart du temps, des marches alternatives à la principale sont proposées aux participants. Elles sont en général de 4 ou 5 km seulement et permettent à ceux qui voudraient lever le pied, aux participants les plus débutants ou à ceux qui souffriraient d'ampoules ou de blessure de faire une pause.

La TDLG est à l'origine un événement qui se déroule l'hiver (en ski de fond et raquettes), la 15e édition se tiendra d'ailleurs cet hiver du 21 au 29 janvier 2017.

Et pour finir, voici aperçu de ce que nous avons vécu cette année en vidéo. Plus d'infos sur le site de la TDLG.

Remerciements pour ce voyage: Claudine Roy et Hélène Francoeur.

Ce voyage a été rendu possible grâce à la TDLG.