10 raisons de tomber en amour avec Séville

    De retour d’un road trip de quelques semaines en Andalousie, je reviens avec un véritable coup de foudre pour Séville. Choisie par les créateurs de Game of Thrones pour y implanter des lieux mythiques (les jardins de l’Eau de Dorne, c’est ici!), la charmante ville espagnole se dévoile à l’image de ses habitants : authentique, colorée et passionnée. Je l’ai parcouru à pied, mais aussi en vélo vintage avec Justo, gérant et guide de la compagnie Seebybike et plus fier Sévillan qui soit! Ses coups de cœur n’ont ainsi pu faire autrement que de devenir les miens.  

    Le quartier Triana

    Sarah-Émilie Nault

    « Les habitants de ce quartier ne disent pas qu’ils viennent de Séville, mais bien de Triana », m’explique Justo, visiblement ravi de me faire découvrir son quartier préféré de Séville. De l’autre côté du pont Isabel 2 - considéré comme l’icône de la ville -, il est vrai qu’une atmosphère particulière se dégage du quartier bohème ayant vu grandir et créer de nombreux poètes et artistes espagnols. Entre les étals de fruits et de poissons du marché de Triana, à l’intérieur des célèbres ateliers de céramiques peintes à la main, sur la calle (rue) Betis aux terrasses et bars de flamenco longeant le fleuve ou encore sur la place principale où les habitants de tous âges se donnent rendez-vous : tout grouille de vie dans ce quartier qui aurait vu naître la rumba. « C’est cela, la vie de Séville, s’enflamme mon guide. Ce ne sont pas les monuments, mais les habitants qui parlent, qui se rencontrent, qui socialisent. Voilà l’esprit de Séville! »

    Les terrasses et les bars du quartier branché Alameda de Hercules

    Jadis obscur et plutôt mal famé, le quartier Alameda de Hercules s’est transformé en repère branché où se retrouvent, à toute heure du jour, les jeunes Sévillans. En après-midi, on se rend se fondre à la foule locale en s’installant à la terrasse d’un des nombreux cafés et restaurant de la verdoyante Plaza de la Alameda de Hercules (au kiosco Los Leones ou au Cafe Central par exemple). En soirée, on se balade de bar en bar en savourant pleinement de la température plus clémente et des rencontres impromptues.  

    La Cathédrale de Séville

    Sarah-Émilie Nault

    Si Séville se veut plus que la somme de ses monuments, on ne saurait pourtant prétendre l’avoir visitée sans plonger dans la richesse de l’histoire et la démesure de sa cathédrale. Avec ses 23 500 mètres carrés et son impressionnante construction médiévale, la cathédrale de Séville se mérite le titre de plus grande cathédrale gothique au monde. Construite entre 1434 et 1517 - directement sur l’ancienne Grande Mosquée de Séville dont quelques parties restent visibles dans la cour des orangers et dans la base de la tour de la Giralda -, c’est en 1987 qu’elle a été déclarée patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO. Si l’extérieur est tout simplement spectaculaire, l’autel principal, les rosaces multicolores ainsi que le sépulcre de nulle autre que Christophe Colomb valent la visite intérieure (*on achète ses billets en ligne à l’avance pour éviter les heures d’attente sous le soleil de plomb). On ne manque pas, non plus, de grimper les 35 étages menant au sommet de la tour de la Giralda dont les 96 mètres de hauteur offrent l’un des plus beaux points de vue sur Séville.

    Le flamenco

    Sarah-Émilie Nault

    C’est dans le minuscule théâtre dissimulé dans le marché de Triana - le plus petit théâtre au monde, affirme-t-on sur l’affiche - que j’ai assisté à l’un des plus intenses spectacles qui soit : une heure de présentation de flamenco. « Le flamenco, c’est un mélange de diverses influences, on ne sait pas trop d’où il vient, m’avait d’ailleurs dit Justo. Par contre, on sait que c’est une affaire de passion, de déchirure, d’amour, de douleur, de vie et de mort! Ce sont des histoires et des sentiments qu’il faut laisser s’exprimer. » La Casala Teatro ne pouvant accueillir que 28 invités, l’expérience déjà frétillante n’en a été que plus prenante et plus intime; les trois artistes performant danse, guitare et chant sur la toute petite scène à la hauteur des spectateurs se dévoilant ainsi en toute proximité.

    La vie nocturne espagnole

    Sarah-Émilie Nault

    C’est en Espagne, et particulièrement à Séville, que l’expression « danser jusqu’au bout de la nuit » prend littéralement tout son sens. Les discothèques ne fermant pas avant 7 voire 8 heures du matin, ce n’est pas avant 1 ou 2 am que l’on se rend en boîte de nuit pour danser. Qu’à cela ne tienne, on adopte le tempo et les habitudes espagnoles : on fait une petite siesta en après-midi lorsque le soleil est à son zénith, on prend l’apéro vers 20h, se rend souper vers 21 ou 22h, visite un bar ou deux sous le coup de minuit (mention spéciale pour la terrasse sur le toit de l’hôtel Dona Maria offrant un point de vue unique sur la cathédrale illuminée), puis se rend enfin danser dans l’une des nombreuses discothèques de la ville (au Casino Terraza par exemple, où la piste de danse se dresse à l’extérieur, sous les palmiers).

    Le quartier Santa Cruz

    Sarah-Émilie Nault

    Véritable symbole de trois cultures vivant en harmonie (juive, arabe et catholique), le quartier Santa Cruz et ses ruelles bien étroites forment l’un des petits joyaux de Séville. Pour mon guide Justo, tout est dans le calme et l’écho de la jolie place Donia Elvira aux bancs en céramiques colorés et aux jardins tranquilles. Pour déguster des plats sévillans typiques, on suit ses conseils et on opte pour une soirée au restaurant Corral del Agua dont le jardin extérieur est recouvert de vignes et de jolies lanternes. 

    Les nouveaux cafés

    Sarah-Émilie Nault

    Doucement, mais sûrement, la culture des cafés indépendants de la troisième vague s’installe dans cette Espagne plutôt friande de café italien. Des établissements design doublés d’une conscientisation responsable du produit et des agriculteurs à l’origine font tranquillement leur apparition. C’est le cas du Torch Coffee Roasters qui torréfie ses grains d’origine unique dans un lieu chaleureux au décor parfait (tout de bleu, blanc et bois) situé à deux pas du fleuve. C’est aussi la mission des Lalita Café, Virgin Coffee, Alquimista Coffee Lab et La Mundana ayant pignon sur rue à Séville.

    Le parc Maria Luisa, la Plaza de Espana et le Metropol Parasol

    Sarah-Émilie Nault

    Le premier est cette ancienne forêt devenu le grand parc où mon ami Justo a fait les 400 coups (de son enfance à aujourd’hui), le second est un lieu touristique incontournable, car rempli d’histoire et le troisième est mon petit coup de cœur artistique et de design au cœur de la ville (une structure de bois de 150m X 75m d’une hauteur de 28 mètres soutenus par 6 piliers et offrant un point de vue fort original sur la ville). Un trio de visites parfait.

    La fascinante histoire de la ville

    « Écoute l’histoire murmurer… », m’a lancé sans rire mon passionné Justo alors que nous roulions dans les rues du centre-ville historique. Fou d’histoire et de sa belle Séville natale, il m’a raconté l’époque de la colonisation, du célèbre matador Belmonte, l’histoire derrière la fascination des Sévillans pour la Vierge Carmen, m’a fait visiter l’ancienne manufacture de tabac devenue Université, m’a fait connaître Jules César, Hercules et Fernando 3: figures importantes de la ville de Séville, m’a fait pédaler sous quelques une des 14 portes de la vielle ville fortifiée et m’a raconté avec émotion la Séville « centre du monde » avec sa porte de l’Inde et sa tour dorée.

    La découverte de la ville à vélo

    Sarah-Émilie Nault

    Élue comme la deuxième ville bike-friendly d’Europe après Amsterdam, Séville se fait la ville parfaite à découvrir sur deux roues. Et je n’aurais pu espérer mieux que ces trois heures passées avec Justo de Seebybike pour le faire. « Nos passions sont l’histoire et le vélo », m’a-t-il lancé alors que nous dévalions la piste cyclable longeant le fleuve. Moi qui ai pris part à de nombreuses balades guidées à vélo à travers le monde, il m’a semblé que c’est à Justo que revenait la palme de la passion et de la fierté pour la ville l’ayant vu grandir. Un parcours inspirant! 

    Quelques infos utiles :

    Air Transat propose plusieurs vols directs vers l’Espagne en période estivale : 3 vols directs hebdomadaires depuis Montréal vers Malaga jusqu’à la fin octobre, 5 vols directs vers Barcelone (dont 4 se terminant à la fin octobre) et 3 vols sans escale vers Madrid (dont 2 se terminant à la fin octobre). Au plus fort de la saison hivernale, 2 vols directs vers Malaga seront proposés. 

    - Depuis Malaga, la route pour se rendre à Séville est absolument saisissante, alors que l’on parcourt les champs de tournesols et les collines dorées et émeraude de l’Andalousie. Pour se rendre de Malaga à Séville en voiture, il faut compter environ 2 heures de route.


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