France : les plages du débarquement en Normandie

Vue sur Arromanches, l'une des plages du débarquement en Normandie, France.

Thinckstock / LaChouettePhoto

Les plages du débarquement en Normandie Imaginez une mouette qui trace une gracieuse arabesque au-dessus d’une paisible plage qui se réveille à marée basse sous une cotonneuse brume matinale. Aujourd’hui, on en oublierait presque qu’elle fut, le 6 juin 1944, le théâtre de l’opération Overlord dont elle garde fidèlement les cicatrices. Suivez le guide!

 

Un parcours glorieux

En Normandie, lieux de mémoire et de découverte pour les jeunes générations qui ont adoré la série « Band of Brothers », les plages du débarquement se visitent avec émotion. De Sainte-Marie-du-Mont à Ouistreham, la côte de Nacre se déroule en longues étendues de sable blanc ourlées de galets, parfois surplombées de falaises crayeuses. Ailleurs, le littoral est bordé de dunes herbeuses qui dévalent vers des villages épiques : Sainte-Mère-Église, Isigny, Colleville, Saint-Aubin, Bénouville, Courseulles…

Le mur de l’Atlantique

Ces plages du débarquement allié ont été choisies en fonction de leur accessibilité, en dépit du mur de l’Atlantique conçu par l’armée allemande pour protéger les côtes. Les approches maritimes étaient hérissées d’engins démoniaques : asperges de Rommel, hérissons tchèques, rouleaux de barbelés… Quant au rivage, il était défendu par une succession de murs antichars, de bunkers armés, de tobrouks et de casemates.

Les cinq secteurs

La zone du débarquement était découpée en cinq secteurs affectés à des troupes alliées différentes. Des noms de codes furent choisis : Utah et Omaha pour les Américains, Gold pour les Anglais, Juno pour les Canadiens et Sword pour les troupes franco-anglaises. À visiter : le Mémorial de Caen pour appréhender le D-Day.

Utah Beach

C’est le nom de code de la plage de Sainte-Marie-du-Mont, premier village français libéré. De là, les troupes américaines ont fait une percée vers l’intérieur qui allait les mener jusqu’en Belgique. La borne « 00 » marque le départ de ce chemin victorieux. À découvrir : les monuments commémoratifs, le musée et le cimetière allemand de La Cambe.

Omaha « la sanglante » et la pointe du Hoc

Défendus avec acharnement par les batteries allemandes du haut des falaises, ces sites furent témoins de l’héroïsme de jeunes GI’s qui réussirent à neutraliser l’ennemi. Avec un millier de morts et deux mille blessés à la nuit tombée, ce fut le plus lourd bilan du débarquement. Ici, le cimetière américain de Colleville, où reposent 9 387 soldats, offre une émouvante perspective de croix blanches. Dernière demeure du héros du film de Steven Spielberg, Il faut sauver le soldat Ryan.

Gold Beach

La plage d’Arromanches vit débarquer, au son de la cornemuse, 25 000 soldats britanniques en une journée. Ne manquez pas le port artificiel « Mulberry », la batterie allemande de Longues et le Musée des Épaves à Port-en-Bessin.

Juno Beach

C’est le secteur canadien. L’assaut fut donné par le général Keller à la tête de la troisième division d’infanterie. Une forte marée gêna l’approche des barges dont presque un tiers furent coulées. Les engins amphibies et des blindés allaient sauver la situation et, au soir, 21 000 hommes tenaient le secteur. Le bilan des pertes fut lourd avec 1 074 morts. À Courseulles, les monuments et le Centre Juno Beach, musée relatant le rôle du Canada durant la Seconde Guerre mondiale et qui évoque le sacrifice des volontaires canadiens de « La Chaudière » venus libérer « leurs cousins de France », sont passionnants à découvrir, tout comme la Maison des Canadiens à Bernières et le cimetière canadien de Reviers.

Sword Beach

Un commando français de 177 bérets verts fut débarqué en premier sur le sol français, mais c’est la puissance britannique qui fit reculer la 21e division de Panzer. À voir : le Grand Bunker à Ouistreham, le Pegasus Bridge à Ranville et le café Gondré, lieux immortalisés dans le film de 1962, Le jour le plus long.

Bum intéractif