L'île Bonaventure, l'île des fous

Colonie de fous de Bassan sur l'le Bonaventure en Gaspésie.

Thinkstock / Marc Lautenbacher

Au quai de Percé, des bateaux pour se rendre à l'île Bonaventure, il y en a pour tous les goûts, mais il faut être des premiers embarqués si l'on veut les meilleures places.

La majorité des bateaux ayant une partie ouverte et une partie vitrée, c'est la partie ouverte qu'il faut choisir pour ne pas devoir photographier à travers les vitres.

Aussitôt parti, notre bateau vient longer le rocher percé et ses 5 millions de tonnes de calcaire rougeâtre. Le guide explique qu'il y avait autrefois 2 trous et que l'un d'eux s'est écroulé il y a plus de 100 ans. D'ailleurs, bon an, mal an, le rocher perd 500 tonnes de son poids pour cause d'érosion naturelle. À ce rythme, il ne restera plus rien dans 10 mille ans. 

Le bateau met maintenant le cap sur l'île Bonaventure et entreprend d'en faire le tour. On nous suggère de bien scruter les eaux bleues qui nous entourent; des baleines peuvent s'y trouver. Nous arrivons maintenant aux abords des falaises qui se font de plus en plus hautes à mesure que l'on progresse vers la Pointe à Margaulx.

Au détour de la pointe, voilà enfin les fous de Bassan massés par dizaines de milliers sur les corniches. Chaque espace disponible est occupé par un couple, où plutôt par un oiseau et son oeuf, l'autre parent étant loin en mer.

Île Bonaventure, fou de Bassan

Le bateau s'approche enfin du quai de l'anse à Butler, la zone d'accueil et de services. Ici les passagers qui le désirent peuvent descendre sur l'île pour un contact plus direct avec son histoire et ses richesses. Les bâtiments épars dont certains sont restaurés témoignent des activités d'autrefois.

anse à Butler, île Bonaventure

Après s'être attardés autour des bâtiments, nous empruntons le sentier qui mène aux fous de Bassan en traversant une forêt d'épinettes. L'île n'est pas bien grande, les distances se franchissent aisément. Une clameur soudaine nous indique que nous approchons de notre but alors que le sentier débouche sur les plateaux surplombant les falaises.

Le spectacle est saisissant. Tous ces oiseaux blancs sur fond d'herbe verte et de ciel bleu qui n'arrêtent pas de se chamailler dans un vacarme assourdissant! Les touristes sont ravis, certains prennent des photos, d'autres interrogent les naturalistes. Les fous sont tout près, juste de l'autre côté de la clôture. Il y en a même qui se posent de notre côté sans aucune peur apparente.

Île Bonaventure, fou de Bassan

Île Bonaventure, fous de Bassan

Il se fait tard. Les visiteurs sont pressés de rejoindre le dernier bateau en partance pour la terre ferme. Nous restons seuls quelques moments avec les fous alors qu'un banc de brouillard envahit soudain l'île et la plonge dans une ambiance mystérieuse. Un renard passe sous notre nez. Il ne nous a pas vu. Sans doute est-il à la recherche de son souper; un oisillon abandonné peut-être?

De retour à l'anse à Butler, le brouillard s'est levé. Nous prenons le dernier bateau vers Percé, heureux d'avoir appris un peu de l'histoire gaspésienne et d'avoir vu de si près cette fameuse bande de fous.

coupsdecoeurpourlemonde.com