L'Île de Pâques : une expérience fascinante du Chili

L'Île de Pâques, au Chili, dans le sud-est de l’océan Pacifique.

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Minuscule triangle de terre situé dans l'océan Pacifique à 3700 km de Santiago du Chili, l'île de Pâques est probablement le lieu habité le plus isolé du monde. Découverte par l'amiral hollandais Jacob Roggeveen le dimanche pascal de l'an 1722, l’île de Pâques, Rapa Nui de son nom exact, fascine par les mystères qui entourent sa civilisation et par ses centaines de colosses de basalte, les moaï. Ces impressionnantes statues de 2 à 10 m de haut possédaient des yeux de corail et d’obsidienne, aujourd’hui disparus, mais dont le regard fascine pour l’éternité.

Ahu Akivi, le regard vers la terre originelle

Situé au nord de la petite ville d'Hanga Roa, l'ahu Akivi joue un rôle important dans l’histoire de l’île et dans le cœur des Pascuans. Selon la tradition, ses sept moaï redressés personnifient les sept émissaires du roi Hotu Matu’a venus reconnaître l’île. Ils sont les seuls à être tournés vers les îles Marquises et l'îlot disparu de Hiva, d'où serait originaire le peuple rapa nui.

Ahu Tongariki

Avec ses quinze moaï alignés sur une plateforme (ahu) en pierre de lave au bord d'une crique battue par l’océan Pacifique, l’ahu Tongariki impressionne par la magie de son décor et par le caractère sacré qui se dégage des lieux. Du haut de leurs quatre mètres, ces statues, qui représentent les ancêtres, tournent le visage vers l’intérieur de l’île. Cette ahu fut victime d'un raz-de-marée en 1960 qui projeta les statues jusqu'à 100 m du rivage dans les terres.

Rano Kau, la demeure de l’homme-oiseau

Sorti des entrailles de la Terre il y a 2,5 millions d’années, l'imposant volcan Rano Kau marque l’orée du parc national d'Orongo. Le spectacle vu du bord de la caldeira aux pentes tapissées d’éboulis et d'ajoncs est saisissant de beauté sauvage. Sur les versants du volcan poussent à foison bananiers, avocatiers et canne à sucre. Au sommet, comme en équilibre sur la falaise, le village cérémoniel d'Orongo et ses maisons de basalte rappelle qu’ici avait lieu la compétition de tangata manu, l'homme-oiseau. Ce personnage sacré est le sujet de nombreux pétroglyphes. On le reconnaît à son corps d'homme affublé d’un bec d’oiseau.

Rano Raraku, le volcan carrière

Le cratère du volcan Rano Raraku, à l'est de l'île, a servi de carrière à presque tous les moaï de l’île. Le fond du cratère est occupé par un joli lac d’eau douce. Sur les versants gisent, abandonnés, 397 colosses inachevés, cassés... Ne pas manquer « le Géant », gigantesque ébauche de moaï de 22 mètres jamais extrait de sa gangue de pierre.

Les grottes, le bonheur sous-marin

Les amateurs apprécieront une plongée dans les grottes sous-marines de Motu Tautara et les récifs coralliens de Wengel. Ces sites sont accessibles en 15 à 40 minutes de Hanga Roa. À l'extrémité sud d'Hanga Roa, la grotte d'Ana Kai Tangata possède une paroi décorée d'oiseaux aux formes effilés. Ils représentent des manutara, ces sternes dont le précieux œuf était au cœur de la compétition de l'homme-oiseau. Non loin de là, sur la plage de Vaihu, vous admirerez l’émouvant décor de l'Ahu Hanga Te'e, où les moaï gisent au sol, face contre terre. Au nord, de l’autre côté de l’île, se trouve la plage paradisiaque d'Anakena.

La théorie des cordes et la tradition orale

Le mystère qui entoure la façon dont les habitants de Rapa Nui ont pu déplacer les moaï divise depuis toujours les spécialistes. Selon des études récentes menées par le professeur T. Hunt, la clé de l’énigme serait conforme à la tradition orale de l’île : les moaï ont marché jusqu’à leur destination! Ils ont été déplacés debout avec des cordes, en les faisant se dandiner d’un côté puis de l’autre. Une quinzaine de personnes pouvait suffire. D’où les chutes… et les moaï renversés qui n’ont jamais atteint leur destination.

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