Londres: sur les pas de Jack l'Eventreur

C’est certainement parce que le mystérieux tueur en série de Whitechapel n’a jamais été identifié qu’il rôde depuis la fin du XIXe siècle dans la brume de l’imaginaire collectif ? Aujourd’hui encore, des essais, des romans, des bandes dessinées, des musiques, des films, des séries et des expositions entretiennent cette sanglante énigme de l’époque victorienne.

Whitechapel hier
Plantons le décor. Whitechapel, à l’est de la City, tient son nom d’une chapelle du XIVe siècle dédiée à la Vierge Marie. A la fin du XIXe siècle, c’est l’un des quartiers parmi les plus pauvres de Londres. Il accueille des émigrants irlandais et des juifs d’Europe qui ont rejoint une population misérable. Ses rues et arrières cours sont fréquentées par des prostituées qui y font commerce entre deux portes. L’alcool, la violence et les crimes sont courants dans les bouges et dans les ruelles obscures qui attirent des visiteurs voulant s’encanailler.
 
Et Whitechapel aujourd’hui
Aujourd’hui, Whitechapel a bien changé. Le quartier est le fief du sous-continent indien, particulièrement celui des Bangladeshi. Le marché de Brick Lane est à ne pas manquer. Les restaurants indiens ont remplacés les fish & chips ; les courettes ont fait place à des logements sociaux. Il reste encore quelques maisons, écoles et églises anciennes. A l’Ouest, la City voisine gagne du terrain et le paysage se modernise. Maintenant, le promeneur avec de l’imagination, car l’urbanisme a fait son œuvre, peut suivre les pas de Jack l’Eventreur.
 
Signé Jack The Ripper
Ce pseudonyme a été vulgarisé par la presse à la réception d’une lettre supposée être de la main du tueur au couteau et signée Jack The Ripper. De nombreuses missives furent envoyées à la police et aux journaux, la plupart sombres canulars, pourtant trois d’entre elles furent considérées comme sérieuses.
 
Suivez le guide !
Officiellement, Jack l’Eventreur aurait fait cinq victimes, toutes des prostituées. Au départ de la station de métro Whitechapel, rejoignez Durward Street, anciennement Buck’s Row. C’est là que la première victime Mary Ann Nichols, dite Polly, est trouvée le 31 août 1888 à 3 h 45 du matin. Elle a été égorgée et éventrée (inscription dans un cartouche blanc à l’entrée de la rue sur le mur en briques). Continuez jusqu’à Hanbury Street. Dans la cour du n°29, aujourd’hui remplacé par un parking et une halle, la seconde victime Annie Chapman, dite Dark Annie, est retrouvée le 8 septembre à l’aube. Elle a aussi été égorgée et sauvagement éviscérée.

Revenir jusqu’à Henriques Street. La troisième victime Elisabeth Stride, dite Long Liz, fut quant à elle égorgée dans la cour du club Berner le 30 septembre (cartouche à l’angle de la rue). Repartir vers la station de métro de Aldgate East jusqu’à Mitre Square. C’est dans ce parc public, aujourd’hui placette entre immeubles et école, que la quatrième victime Catherine Eddowes, dite Kate Conway, a été tuée le même jour. Affreusement mutilée, elle a été éviscérée et plusieurs de ses organes lui ont été volés.
Cap au Nord, vers Goulston Street pour rejoindre Brushfield Street. C’est au 13 Miller’s Court, le 9 novembre vers 3 h du matin que Mary Jane Kelly, dite Ginger, est retrouvée chez elle découpée en morceaux. Son cœur a disparu. Rien ne subsiste de l’endroit, le Spitafields Market a investi les lieux dominés par une imposante église. Finir le tour, en face, au Ten Bell Pub contemporain de Jack l’Eventreur et boire à la mémoire de ces belles de jour tuées la nuit.
 
Les suspects
Plusieurs pistes abracadabrantesques n’aboutirent jamais. Les plus scandaleuses, deux proches de Buckingham Palace : le prince Albert-Victor, petit-fils de la reine Victoria, et Sir William Gull, chirurgien de la Cour. Les plus médicales : le docteur Roselyn Donston, Michael Ostrog, chirurgien russe, et le fils d’un médecin, Montague J Druitt. La plus raciale : Aaron Kosminski, juif polonais fou.

(BUM)