San Francisco originale et un peu détraquée

Quelqu’un m’a déjà dit que si l’on secoue la carte des États-Unis, tout ce qui est instable se retrouve à San Francisco. De la ruée vers l’or au boom d’Internet en passant par la Beat Generation et le Summer of love, cette porte d’entrée du rêve américain a toujours affiché son originalité et son esprit contestataire. Voici dix lieux inusités ou méconnus à ne pas manquer pour une visite non conventionnelle d’une ville qui ne cessera jamais de nous étonner.

Le Castro Theater

À l’ère des cinémas industriels sans charme, on apprécie encore davantage les rares salles d’époque qui sont encore en opération. Datant de 1922, le Castro Theatre présente des films cultes tels que The Graduate, Blade runner, Citizen Cane ou Metropolis avec quelques airs d’orge Wurlitzer en prime. Et si vous aimez chanter en regardant des comédies musicales, ne manquez surtout pas les représentations « Sing-a-long »

castrotheatre

Les perroquets de Telegraph Hill

Je marchais devant un parc du centre-ville lorsque j’ai entendu des oiseaux plus bruyants qu’un troupeau de mouettes urbaines qui se battent pour une frite. Je venais de faire la connaissance des fameux perroquets de Telegraph Hill. Même si on ne connaît pas leur origine, une rumeur veut qu’un couple se soit échappé d’une cage ou d’un parc d’attractions au cours des années 80. Quoi qu’il en soit, ces oiseaux jacasseurs se sont adaptés au climat plus froid et n’ont pas cessé de se multiplier: on en compte plus de 200 aujourd’hui.

Pour tout savoir sur leur histoire, ne manquez pas le documentaire The Wild parrots of Telegraph Hill mettant en vedette Mark Bitner alias « parrot man »

perroquets

Le Musée mécanique

S’il y a une attraction à ne pas manquer dans le quartier trop touristique de Fisherman’s warf, c’est le musée mécanique! À l’ère de la réalité virtuelle, qui aurait dit que des machines à sous vintages pouvaient être aussi amusantes. Pourtant, on rit encore de la machine à « pet », on écoute les vieux pianos mécaniques, on tente sa chance au « Sex appeal meter » et on ose même se mesurer au tir au poignet mécanique.

musée mécanique

musée mécanique

L’Armory

En 2006, Kink.com, une entreprise de vidéos pornographiques principalement axée sur le fétichisme et le sadomasochisme a acheté une caserne militaire historique pour la modique somme de 14,5 millions $.

Célébrant l’ouverture d’esprit et la transparence, Kink.com offre des visites guidées de ses studios le soir et les week-ends. Du cachot à la salle d’électrification, en passant par l’abattoir, le cabinet de médecin ou la « Upper room » votre imagination sera servie. Ici, aucune question n’est taboue.

Sur la photo : Notre guide, Dusty, une modèle de « Kink live », derrière le comptoir de souvenirs.

Armory

Armory

Maisons et hôtels hantés

Avec une histoire qui remonte souvent à plus de 150 ans, des planchers qui craquent et des portes qui grincent, les maisons victoriennes semblent toutes hantées. Parmi les lieux les plus connus des chasseurs de fantômes, on compte la lugubre prison d’Alcatraz, la maison Cameroon où se cachaient des immigrants chinois qui ont tous péri pendant un incendie, l’école Abraham Lincoln High School où une jeune fille a été assassinée, le tunnel des bains de Sutro et l’hôtel San Remo, un ancien bordel où vous pouvez maintenant séjourner en toute chasteté ainsi que le très bel hôtel Queen Anne, qui semble figé dans le temps.

Pour en savoir plus sur les lieux hantés de San Francisco, visitez le site de la San Francisco Ghost society et inscrivez-vous à une visite guidée.

San RemoSur la photo : l’hôtel San Remo

La boutique Paxton Gate

J’ai toujours rêvé d’arriver aux douanes et de déclarer un crocodile empaillé comme Elvis Gratton. Si vous aimez rapporter des cadeaux originaux et détraqués, ne manquez surtout pas de vous arrêter à la boutique de Paxon Gate au cœur du quartier de Mission. Vous y trouverez des animaux empaillés, des crânes et des ossements de toute sorte, des insectes étranges et autres curiosités. Paxon Gate offre aussi maintenant une boutique de jeux et autres bébelles irrésistibles pour les enfants.PaxtongateLes sœurs de la Perpétuelle Indulgence

Dans une ville où l’on célèbre la diversité, on croise souvent des personnages assez inusités. Parmi eux, l’ordre religieux des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence rassemble des homosexuels qui luttent pour le respect des droits de l’homme et la diversité de manière extravagante et irrévérencieuse. L’ordre qui est né à San Francisco en 1979 et s’étend maintenant ailleurs dans le monde organise souvent des évènements de sensibilisation et de collecte de fonds.

Et si vous aimez les défilés et les manifestations qui sortent de l’ordinaire, surveillez le fabuleux défilé de la fierté gai, la Folsom street fair qui célèbre le fétichisme et la course annuelle Bay to Breakers.

SistersCrédit photo :  Temujin Felix MacAvity

Balmy Alley

En errant dans le quartier de Mission, entre les cafés sympathiques, les Taqueria et les boutiques de vêtement et de meubles de seconde main, vous tomberez certainement sur quelques fresques colorées. Pour voir la plus grande concentration de murales, aventurez-vous jusqu’à Balmy Alley(entre la 24e et la 25e  avenue) où les portes de garage, les clôtures et les murs sont de véritables oeuvres d’art. Un grand nombre de ces fresques visaient au départ à dénoncer les abus des droits de l’homme en Amérique centrale.

Balmyalley

BalmyalleyWave Organ

Au bout d’une jetée de la marina, une étonnante sculpture sous-marine de l’artiste Peter Richards constituée de 25 tuyaux de plastique souffle d’étranges sons aquatiques.
L’installation d’inspiration antique est si bien cachée derrière le Yatch Club que très peu de San-Franciscains la connaissent. Si comme Ulysse, vous décidez de vous y aventurer, n’oubliez pas un détail important : on entend mieux le chant des sirènes à la marée haute!

WaveorganGrand View park

Avec ses multiples collines, San Francisco ne manque pas de vues spectaculaires. Mais encore peu de gens font le détour jusqu'au Grand view park qui porte pourtant très bien son nom. Après avoir grimpé les 163 marches en mosaïques multicolores, vous serez hautement récompensés par une superbe vue à 360 degrés sur la ville. Les mosaïques ont été réalisées par les artistes Aileen Barr et Colette Crutcher ainsi que 300 bénévoles de la communauté qui ont travaillé plus de deux ans et demi pour compléter cette œuvre à couper le souffle.

Grandview