Vive les cartes postales !

Freeartist / Thinkstock

Mardi dernier, j’ai reçu un courriel d’une amie qui était en vacances en Argentine. L’intention était bonne, et les nouvelles sont arrivées rapidement, mais disons-le tout de go, j’aurais préféré attendre quatre jours de plus et recevoir carte postale ! Je cherche encore la dernière fois où j’ai ouvert ma boîte aux lettres pour trouver une carte postale… ça fait une éternité.

2015 est résolument numérique. Ça fait désormais partie de nous, de notre façon d’interagir avec les autres. Quand on veut donner des nouvelles, on envoie un courriel (souvent groupé à plusieurs correspondants), et quant aux photos, un cliché via Instagram satisfera bien nos suiveurs. Si on veut faire d’une pierre 400 ou 4 000 coups, on poste sur Facebook des photos que tout le monde peut voir. Plus de cartes à envoyer, on commente la photo numérique et le résultat est le même qu’une carte postale: un petit texte avec un paysage de mer ou de montagne, c’est selon. Et contrairement aux cartes postales, la photo Facebook sera moins impersonnelle, puisque les auteurs du cliché seront souvent dans le cadre ! Alors quoi demander de mieux ? C’est quand même mieux que cette vieille carte postale un peu désuète non ? Eh bien, pas si sûr.

Pourquoi est-il légitime de regretter nos bonnes vieilles cartes postales ?

Parce que c’est un objet palpable. Oui, comme le livre versus les liseuses numériques, la carte postale est un objet du monde réel qu’on peut toucher. On la reçoit chez soi, on la découvre, perdue entre deux factures, on la pose sur la table pour la lire au calme une fois qu’on aura rangé son épicerie. Les plus chanceuses seront aimantées sur le réfrigérateur pendant au moins une semaine. Les autres rejoindront le classeur circulaire, plus communément appelé la poubelle. La carte postale, elle, on la touche ! On l’a en main, on se pique les doigts avec ses coins, on caresse le brillant de la photo, et si on la trouve trop pourrie, on peut toujours la déchirer ! Essayez de faire la même chose avec un courriel !

On aime la quétainerie des photos !
S’il y a bien un avantage à envoyer des cartes postales, c’est bien de choisir les photos les plus quétaines. On peut tout oser en vacances, la photo des filles en bikini des années 80, le coucher de soleil aussi rougeoyant que saturé et improbable sans de bons filtres photographiques, les cartes humoristique à l’humour très douteux, c’est ça qu’on aime. On ose avec la carte postale ce qu'on oserait pas dans la vraie vie.

Le banal du texte
Sur une carte postale, à part si on en achète une version XXL, on n’a pas la place d’écrire grand chose. « On est bien arrivé… il fait beau… les enfants s’amusent bien… on pense à vous… On vous envoie du soleil !... ». Voilà à quoi se résument bien souvent les cartes postales. Et c’est très bien ainsi. Ce qui compte ce ne sont évidemment pas les quelques lignes écrites à la hâte entre deux mojitos au bar de la plage, non, ce qui compte, c’est simplement le geste, le fait qu’on ait pensé à nous. Qu’on ait pris le temps d’acheter une carte, un timbre, d’écrire ces quelques mots banals, qu’on ait pris le temps d’aller à la poste pour envoyer ce petit bout de carton d’un autre siècle, vestige de tant de correspondances épistolaire unilatérales. Personne ne répond en effet à une carte postale.

Et vous, aimez-vous recevoir ou envoyer des cartes postales ?

par David Nathan

Vous aimerez aussi