Des gens d'à travers le monde partagent comment ils vivent la crise de la COVID-19 dans leur pays

Personnes différents pays partagent quotidien dans crise covid19
Sarah-Émilie Nault
par Sarah-Émilie Nault

Je me suis fait, au fil des années et de mes voyages, des amis aux quatre coins du globe. Certains avec qui j'ai gardé contact via les réseaux sociaux et d’autres que je retrouvais un peu partout sur la planète.

Comme je ne pourrai pas les revoir en chair et en os avant un bon moment, j’ai discuté virtuellement avec 7 d’entre eux afin de savoir comment chacun vivait la crise au quotidien dans son coin de pays.  

Pintida Harnpanpongse, New York

Pintida Harnpanpongse, New York

« J’ai la chance de pouvoir travailler de la maison », m’explique mon amie rencontrée en Thaïlande, mais qui habite à New York. Je sors une fois par deux semaines pour faire l’épicerie. J’essaie de manger santé, de cuisiner et parfois, je commande afin d’encourager l’économie locale ». Elle suit des cours d’entraînement en ligne, médite et reste connectée avec ses amis et sa famille virtuellement.   

L’état de New York est, pour le moment, mis sur pause jusqu’au 29 avril. De nombreuses règles et lignes directrices ont été instaurées dans la ville. Les travailleurs oeuvrant dans des secteurs non essentiels doivent continuer de travailler de la maison et on conseille aux New Yorkais de porter un foulard ou un masque maison lorsqu’ils sont à l’extérieur (qu’ils aient des symptômes ou pas) et de respecter une distance de 6 pieds. Des repas gratuits sont aussi offerts à TOUS les New Yorkais dans plus de 400 « meal hubs » du lundi au vendredi.

Tous les soirs, à 19h, une ovation pour les travailleurs de la santé et des services essentiels se déroule à Manhattan. Les gens crient des encouragements, chantent, applaudissent et sifflent depuis les tours d’appartements. Ce mouvement impromptu porte le mot clic #clapbecausewecare.

Comme Tida travaille avec le Tourisme de la Thaïlande, le mot-clic #FromThailandWithLove a été créé afin de briser l’isolement, d’offrir des conseils et de démontrer son soutien à tous ceux qui sont confinés, en Thaïlande, à New York et ailleurs dans le monde. 

Pintida Harnpanpongse, New York

Enrico Borra, Asti, Italie

Enrico Borra, Asti, Italie

Dans le pays de mon vieil ami Enrico, la crise a commencé dans la région de Lombardie, plus précisément à Bergamo où l’on retrouve presque la moitié des cas et des décès de toute l’Italie.  

Dans la ville d’Asti où il habite, il y a heureusement peu de cas reliés au coronavirus. Des règles très strictes s’y appliquent tout de même, comme c’est le cas dans sur tout le territoire italien. Le confinement doit être suivi de façon aussi stricte que dans la région de Lombardie.

« Un masque – dont le port est obligatoire – est envoyé par la poste à chaque habitant. Nous faisons notre épicerie le moins fréquemment possible. Cela est devenu la chose la plus plaisante à faire depuis un moment (rires). Les policiers arrêtent les gens pour leur demander s’ils ont une raison valable d’être dehors, ce qu’ils prouvent avec le formulaire téléchargeable qu’ils doivent avoir sur eux ».

« Je lis beaucoup, je fais de l’exercice physique et du yoga. Je joue avec mon chat et je regarde beaucoup de trucs sur Netflix et YouTube. Je joue aussi de la guitare et je nettoie des coins de l’appartement que je n’aurais jamais imaginé nettoyer ».

Dans sa ville aussi, des arcs-en-ciel apparaissent un peu partout avec le message #andràtuttobene.

Jan Spalek, Prague, République tchèque

Jan Spalek, Prague, Prague, République tchèque

« Nous avons commencé à avoir des restrictions très tôt, donc nous allons, de manière significative, mieux que la plupart des autres pays européens », explique mon fidèle ami. « Par contre, l’impact économique est énorme ».

« Alors que tous devaient porter des masques à l’extérieur, la règle est moins stricte depuis une semaine. On peut désormais courir, faire du vélo et pratiquer ses activités physiques sans se couvrir la bouche. Par contre, les masques maison doivent continuer à être portés lors de tous déplacements ».  

« Tout le pays essaie d’aider à coups de contributions publiques pour épauler hôpitaux, foyers de gens âgés, manufactures, nourrir les policiers et les pompiers, etc. Plusieurs cousent des masques et les distribuent là où on en a besoin. L’initiative "a ticket for nothing" est aussi super : les gens paient le prix d’un billet afin de sauver les salles et théâtres qui sont au bord du gouffre. De nombreux concerts qui devaient avoir lieu sont aussi présentés en ligne ».

« Même si l’industrie du voyage souffre énormément en ce moment, nous avons à négocier avec toutes les annulations et préparons la saison prochaine, en espérant qu’il y en aura une » , explique celui qui travaille désormais de la maison. « Peu importe ce qui arrive, nous sommes en santé et nous restons positifs ».

Quant au gouvernement, il vient tout juste d’ajouter le terme « quarantaine intelligente » à son vocabulaire en évoquant l’idée de laisser peu à peu les gens plus jeunes et en santé sortir et attraper le virus pour que celui-ci finisse par être contrôlé et un jour être enrayé. La pratique est déjà en place dans certaines régions reculées de la République tchèque.

Ken Fujisawa, Tokyo, Japon

Ken Fugisawa, Tokyo, Japon

De façon surprenante, à Tokyo, les règles sont encore moins strictes qu’au Québec. Mon ami Ken continue donc de se rendre au travail en train.

« Le port du masque - si masque il y a! - s’avère nécessaire, même si cela n’est qu’encouragé. Mon lieu de travail prend toutes les précautions nécessaires : on nous donne des masques et du désinfectant pour les mains et nos heures sont réduites afin d’éviter de nous retrouver dans les transports aux heures de pointe ».

« Certains sortent boire une bière après le travail sur des terrasses plutôt qu’à l’intérieur des bars. Les gens se déplacent toujours en transport en commun, vont manger et font la file à la pharmacie pour se procurer des masques et du gel désinfectant ».

La décision du gouvernement du Tokyo Métropolitan de délivrer un avertissement officiel de rester à la maison n’est survenue qu’après l’annonce du report des Jeux olympiques de Tokyo, le 24 mars dernier. « Après cette annonce, le nombre de gens infectés et de gens décédés de la COVID-19 a grimpé drastiquement dans tout le pays ».

Les mot-clic et expressions du moment à Tokyo sont3密 : 密閉 (signifiant d’éviter les endroits confinés), 密集 (éviter les foules) et 密接 (éviter les contacts de proximité).

Salvador Antonio Cisneros De Leon, ville de Mexico, Mexique

Salvador Antonio Cisneros De Leon, ville de Mexico, Mexique

Dans la ville de Mexico, on insiste : #QuedateEnCasa (restez à la maison). C’est ce que fait mon ami Sal, éditeur culturel du magazine Life and Style. En 14 jours, il n’est sorti que trois fois pour aller à l’épicerie. Grand sportif, il ne va même plus courir, préférant s’entraîner à la maison entre deux conférences.

« Les autorités ont été claires : c’est la dernière chance, en tant que société, d’aplatir la courbe. Il faut rester à la maison et appliquer la distanciation sociale (2 mètres de demi entre chaque personne), car nous n’avons pas le système de santé (déjà corrompu d’ailleurs) et les institutions de santé qu’ont les autres pays ».

Dans la ville de 126 millions d’habitants, les masques ne sont donnés qu’à ceux qui sont porteurs du virus. Les équipements et les tests manquent.  

« Je suis chanceux, je peux rester dans mon appartement, ne pas risquer ma vie et continuer de faire ce que j’aime de mon salon », explique celui qui se fait un point d’honneur d’adopter une routine quotidienne. « Mais c’est difficile, c’est une répétition de gestes qu’on fait chaque jour. Je m’ennuie de choses dont je ne croyais jamais m’ennuyer : la circulation, conduire ma moto, même le potinage… » (rires)

Justyn Barnes, Hastings, Royaume-Uni

Justyn Barnes, Hastings, Royaume-Uni

Mon ami auteur Justyn habite dans une petite ville reculée du Royaume-Uni. Ce n’est qu’il y a deux semaines et demie que le premier ministre a imposé des règles strictes de confinement. 

« Au début, les gens ne comprenaient pas le message. Je suis allé au supermarché quelques jours après l’annonce et c’était le chaos. Aucune distanciation sociale. Dix jours plus tard, c’était heureusement mieux, avec des périodes réservées aux travailleurs de la santé et aux gens âgés et vulnérables. Des files ordonnées, un nombre restreint de gens à la fois et des plexiglas ».

Les mots clic disent tout : #StayHomeSaveLives et #LoveOurNHS

L’auteur a l’habitude de travailler de la maison et ne manque pas de travail pour le moment. « Plusieurs de mes amis qui sont travailleurs autonomes n’ont pas cette chance. Heureusement, le gouvernement a mis en place des plans visant à aider les travailleurs ayant perdu leur emploi ».

Comme une période d’exercice quotidienne est permise, celui qui habite près de la mer sort chaque jour pour courir ou marcher au bord de l’eau pour sa « santé physique et mentale ». Il s’ennuie tout de même de ses cours de danse et de ses activités sociales. De ses amis aussi, même s’il est bien seul et a de bons voisins avec qui il converse d’un côté à l’autre de la clôture du jardin.

Quant au port du masque, il n’est pas encore obligatoire. L’inquiétude se fait de plus en plus sentir alors qu’il semble ne pas y en avoir assez pour les travailleurs de la santé.

« Les plaintes envers la réponse de notre gouvernement à la crise augmentent aussi, particulièrement le manque de tests et de manufactures de ventilateurs. Les prochaines semaines pourraient être brutales alors que le nombre de cas augmente et que notre système de santé, après plusieurs années de sous-financement, lutte à faire face à ce qui arrive ».

Johan Berlet, Paris, France

Johan Berlet, Paris, France

C’est la déclaration du président Macron - « Nous sommes en guerre » - qui a marqué le début du confinement officiel en France, le 17 mars dernier.

« Avec des attestations de déplacement et des autorisations remises uniquement aux personnes "essentielles à la vie de la nation" tout d’abord. Puis, avec des modalités adaptées aux constatations du respect ou non du confinement : fermetures des lieux publics, des bords de Seine et des restrictions plus claires comme la distance autorisée autour du logement (1 km maximum) et les délais (une fois par jour et une heure maximum) » .

Mon ami Parisien sort uniquement les jours où il travaille et fait ses courses à la fin de la journée. Il préfère ne pas faire de balade ni d’exercice, se limitant à l’essentiel.

Ceux qui sortent voient leurs sorties encadrées : autorisation manuscrite, imprimée ou électronique obligatoire et précise (date, lieu d’habitation et heure de sortie). « Le débat sur la nécessité du port du masque pour la population est ouvert, mais les protections n’étant pas disponibles, l’État envisage le port général pour le "déconfinement" qui se fera par étape » .

 « Les initiatives depuis le confinement se sont multipliées : applaudissements aux soignants tous les jours à 20h pour les remercier de leur travail et les encourager, "Restons loin, mais en lien" rappelant de garder le contact avec sa famille et ses amis et les "e-apéros" qui sont assez populaires. Il existe aussi des initiatives interactives à Paris comme "Question pour un Balcon" où un Parisien pose 10 questions à ses voisins tous les soirs à 20h (rue paire contre rue impaire) pour faire vivre un moment de communauté ».

Sur les réseaux sociaux, les mots-clic #restezchezvous et #resteàlamaison sont nombreux. Tout comme le message du gouvernement « Sauvez des vies, restez chez vous », « reste à la maison ».

 

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Sarah-Émilie Nault
par Sarah-Émilie Nault