Qatar : incursion dans l’énigmatique ville de Doha

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Sarah-Émilie Nault
par Sarah-Émilie Nault

Il y a de ces endroits qui se révèlent indéfinissables. Des coins de pays que l’on découvre un peu par hasard et que l’on a du mal à placer dans une case bien définie. Pour moi, ce fut le cas de Doha, capitale et plus grande ville du tout aussi intrigant Qatar, petit émirat du Moyen-Orient. Plantée dans le golfe Persique et flanquée de superbes musées, la ville se vante de se présenter aux visiteurs comme une destination culturelle beaucoup plus connectée sur son histoire que Dubaï, sa rivale la plus connue. Retour sur quelques jours de découvertes de cette ville aux mille et une merveilles d’architecture qui accueillera, en 2022, la Coupe du monde de la FIFA au cœur du désert.

Visite du Musée national du Qatar (National Museum of Qatar)

Sarah-Émilie Nault

Ce magnifique musée, qui a ouvert ses portes en mars dernier et qui est voisin du vieux palais (1906), impressionne tout d’abord par son incroyable architecture. Inspiré par la rose du désert, c’est à l’architecte Jean Nouvel que l’on doit cette véritable œuvre d’art dont l’intérieur est dédié à l’histoire du Qatar. « Il s’agit d’un grand pas pour l’identité du pays », nous a d’ailleurs expliqué notre guide lors de notre balade à travers les 11 galeries du musée dont les expositions se font tour à tour dédiées à l’identité qatarie, aux valeurs de l’Islam, à l’histoire, à la géographie et à l’ouverture sur le monde de ce pays musulman dont la principale et la plus lucrative exportation (jusqu’au début de 1900 fut la pêche à la perle (d’où la statue d’une perle dans une huître géante à l’entrée de la ville).

Admirer l’architecture excentrique des centaines de gratte-ciels

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Si toute la ville regorge de gratte-ciels à l’architecture improbable et unique, c’est particulièrement le cas du quartier des affaires où chaque immeuble semble repousser les limites de l’originalité. Une expérience fascinante pour qui s’intéresse un tant soit peu à l’architecture moderne frôlant le futurisme.  

Emprunter les ruelles du souk Waqif

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Les étroites ruelles de ce marché en plein air présentent chacune leur « spécialité »: épices, oiseaux, animaux de toutes sortes, lampes, souvenirs, tissus et vêtements traditionnels, confiseries… Une douzaine de restaurants avec terrasses et plusieurs Shishas lounges se dressent aussi dans ce souk où se retrouvent musiciens et danseurs traditionnels qui fut rénové il y a une dizaine d’années afin de conserver son architecture de style Qatari. Un endroit qu’on apprécie les week-ends pour son ambiance fort différente de celle du reste de la ville tout en immeubles, immenses centres commerciaux (tel celui tout en marbre d’Al Alhazm), boutiques de luxe et en gratte-ciel excentriques. 

Incursion dans l’histoire du pays au Musée d’art islamique

Second joyau d’architecture, le Musée d’art islamique se présente sous la forme d’une femme portant la burka dont on ne distinguerait que les yeux. On dit aussi que l’immeuble tient sa forme unique de celle d’une fontaine d’abduction et que son architecte se serait inspiré de la Mosquée Ibn Touloun du Caire. Quoi qu’il en soit, ce musée de 5 étages est aussi spectaculaire en son intérieur au décor de marbre parfaitement symétrique, ses escaliers circulaires et son plafond de configurations islamiques. On s’y rend pour visiter ses diverses expositions mettant en vedette l’art islamique, manger dans son luxueux restaurant et se faire tirer le portrait dans les escaliers, devant la porte d’entrée du plus grand musée de Doha ou encore près des fontaines de cette île artificielle donnant sur la baie de Doha.     

Balade le long de la Corniche et croisière sur la baie

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Se balader le long de la promenade de la Corniche au bord de l’eau – surmontée de palmiers, voisins de parcs et lieu privilégié des coureurs et les marcheurs - puis prendre place sur un bateau de bois (dont le nom traditionnel est dhow) pour voguer sur la baie et admirer les gratte-ciel illuminés en soirée forme un duo d’activités incontournables à vivre à Doha.

La folle balade en jeep dans les dunes du désert

Sarah-Émilie Nault

À un peu plus d’une heure de route du centre-ville de Doha (où défilent d’ailleurs les immenses raffineries de gaz naturel et de pétrole et les maisons de leurs travailleurs), tout au sud du pays, on explore le désert en plongeant dans son côté sauvage, sur fond d’effluves de liberté. Les fenêtres ouvertes, la musique à plein volume, le guide vêtu de vêtements traditionnels qataris manœuvre sa jeep de manière aussi professionnelle que téméraire lors d’une sortie de sand duning dans le désert. On ne parle pas ici de petite promenade tranquille, mais bien de dunes que l’on prend d’assaut en défiant ce qui semble représenter l’ensemble des lois de la gravité. Quelques arrêts permettent de 1) reprendre nos esprits et notre souffle et 2) immortaliser et profiter du calme soudain du désert venteux. La balade mène jusqu’à la frontière de l’Arabie Saoudite où une simple dune joue le rôle de frontière, où l’on peut admirer la turquoise « Island Sea » venue du golfe Persique. Au retour, un arrêt au Regency Camp, un complexe hôtelier 5 étoiles dressé au cœur du désert, s’impose.

Arrêt à la Qatar National Library

Sarah-Émilie Nault

« It all began with « read » (Tout a commencé avec le mot lire) peut-on lire lorsqu’on pénètre dans l’étonnante bibliothèque nationale du Qatar; voilà le fondement de l’histoire arabe. Ayant ouvert ses portes l’an dernier, ce lieu où règne le calme sur fond de merveille d’architecture se veut l’hôte d’un million de livres et d’une belle section électronique. Un café, des ordinateurs et une bibliothèque pour enfants attirent aussi la population de la ville composée dont le dixième seulement est d’origine qatarie (le reste étant composé d’expatriés). 

-Petit conseil : on évite de se rendre visiter Doha et le Qatar entre les mois de mai à octobre, car en été la température moyenne y est de 40 degrés Celsius.

-Pour en savoir plus sur le Qatar et pour planifier votre voyage 

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